Qu’est-ce que l’économie comportementale ?

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Qu’est-ce que l’économie comportementale ?

L’économie comportementale est une discipline qui étudie la manière dont les facteurs psychologiques influencent la prise de décision économique, tant chez les individus que chez les institutions. L’économie comportementale est toujours mise en contraste avec l’économie néoclassique, qui repose sur l’hypothèse selon laquelle les individus agissent toujours de manière rationnelle dans leurs décisions, font les meilleurs choix dans leur propre intérêt et ajustent leurs pensées ainsi que leurs croyances lorsqu’ils sont confrontés à de nouvelles informations.

Les économistes comportementaux estiment toutefois que les individus commettent des erreurs systématiques et sont souvent enclins à prendre des décisions irrationnelles en raison de préférences instables ou de leur environnement. En d’autres termes, l’économie comportementale considère les individus comme des êtres humains dont les émotions, les tendances ou les biais peuvent affecter leurs décisions dans le domaine économique. En acceptant cette réalité, les dimensions psychologiques propres à l’être humain peuvent être intégrées dans différents modèles économiques.

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Théories fondamentales de l’économie comportementale

La rationalité limitée

La rationalité limitée est l’idée selon laquelle les individus prennent des décisions rationnelles, mais dans les limites de leurs capacités mentales et des informations dont ils disposent. D’autres contraintes peuvent également entrer en jeu, comme le temps disponible pour prendre une décision ou la difficulté du problème à résoudre. Les personnes soumises à une rationalité limitée ne sont pas des « maîtres de la rationalité » ni des décideurs idéaux. Elles sont plutôt considérées comme des satisficers, c’est-à-dire qu’elles recherchent une solution satisfaisante plutôt qu’une solution optimale. Autrement dit, elles prennent une décision suffisamment bonne, sans qu’elle soit nécessairement la meilleure possible.

Les satisficers ne disposent généralement pas de toutes les informations nécessaires pour prendre une décision pleinement rationnelle, ou bien ils ne souhaitent pas consacrer le temps et les efforts requis à la collecte d’informations pertinentes. Cela signifie qu’ils sont susceptibles de prendre des décisions fondées sur la pression sociale, les normes de la société, le comportement collectif ou même l’instinct. Par exemple, une personne peut passer devant une épicerie et décider d’acheter des œufs parce qu’ils sont étiquetés « cage-free ». Cette décision peut satisfaire ses convictions éthiques ou morales, mais la personne peut ne pas prendre le temps de vérifier si le terme « cage-free » correspond à « free-run » ou à « free-range ». Elle peut même ne pas savoir ce que signifient réellement ces termes. Il est toutefois important de souligner que la rationalité limitée n’est pas irrationnelle, car la personne essaie de prendre une décision aussi rationnelle que possible, malgré certaines contraintes. Un autre exemple est celui d’une personne qui importe une voiture dans un pays imposant une limite sur l’année de fabrication. Dans ce cas, la contrainte de temps peut conduire la personne à prendre une décision rapide afin de respecter la date limite fixée.

La théorie des perspectives

La théorie des perspectives est une théorie qui cherche à décrire le comportement des individus lorsqu’ils sont confrontés à des choix comportant une probabilité. Elle a été présentée pour la première fois par Daniel Kahneman et Amos Tversky en 1979 et a contribué à l’attribution du prix Nobel d’économie en 2002. Elle découle de la théorie de l’aversion aux pertes. Cette théorie explique que, face à un choix entre perte et gain, les individus accordent généralement davantage de poids aux résultats certains qu’aux résultats simplement probables. Il s’agit là de la dimension de certitude de la théorie.

La théorie des perspectives suggère également que les individus sont, de manière générale, averses aux pertes. Cela signifie qu’ils détestent davantage une perte qu’ils n’apprécient un gain équivalent. Il s’agit de la dimension réflexive de la théorie. Elle montre que les individus perçoivent différemment les risques associés aux gains et aux pertes. Lorsqu’ils évaluent des gains, ils préfèrent généralement de petits gains certains à de grands gains probables.

Par exemple, si l’on présente à une personne le choix entre un gain garanti de 10 % sur un investissement et un gain probable de 40 %, elle aura tendance à choisir l’option sans risque. En revanche, lorsqu’il s’agit de pertes, les individus préfèrent des pertes plus importantes mais probables — car il existe une chance d’éviter la perte — plutôt que de petites pertes certaines. Selon la théorie des perspectives, les individus prennent donc leurs décisions en fonction des éléments de risque et de certitude associés aux options qui leur sont proposées.

La théorie du nudge

Popularisée par Richard Thaler et Cass Sunstein en 2008, la théorie du nudge suggère que le comportement des individus peut être influencé par des suggestions et des renforcements positifs, même sans présenter d’avantage économique ni interdire d’autres alternatives. Cette théorie considère que les êtres humains sont vulnérables aux erreurs systématiques, mais qu’ils peuvent être amenés à modifier leurs comportements de manière à maximiser leur utilité.

Pour que les nudges produisent l’effet recherché, il doit exister un comportement positif à encourager, et ce nouveau comportement doit, au final, être bénéfique pour les personnes concernées. Par exemple, une personne peu sportive peut être encouragée à s’inscrire dans une salle de sport si celle-ci facture à la semaine plutôt qu’au mois, même si le coût total reste identique.

La théorie du nudge a été utilisée par les gouvernements, notamment dans des domaines comme l’adhésion volontaire aux plans de retraite. Elle trouve également des applications dans le secteur de la consommation, où, par exemple, les entreprises peuvent « inciter » les clients à acheter des produits complémentaires (ventes additionnelles), ou encore, dans l’industrie alimentaire, à choisir des alternatives plus saines.

Concepts de l’économie comportementale

Voici quelques-uns des principaux concepts de l’économie comportementale, ainsi que certains exemples :

Heuristiques

Les heuristiques sont des raccourcis mentaux qui guident les individus dans leurs décisions économiques. En général, les personnes veulent prendre une bonne décision, mais elles ne souhaitent pas y consacrer trop de temps ni d’efforts. Les heuristiques peuvent les aider à parvenir à une décision suffisamment satisfaisante, sans qu’elle soit forcément la meilleure. Certains raccourcis mentaux peuvent toutefois limiter leur capacité à prendre des décisions optimales pour leur bien-être ou leur réussite. Parmi les exemples, on trouve la comptabilité mentale, l’ancrage et le comportement grégaire.

Biais et sophismes

Outre les heuristiques, les individus présentent également certains biais cognitifs et sophismes susceptibles de les conduire à des décisions qui peuvent leur être défavorables. Parmi les exemples figurent le biais de récence, le sophisme du joueur et le biais de confirmation.

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Finance comportementale

La finance comportementale étudie l’influence de la psychologie sur le comportement des investisseurs et des analystes financiers, ainsi que les conséquences de ces comportements sur les marchés financiers. En tant que sous-discipline de l’économie comportementale, la finance comportementale reconnaît que les investisseurs n’agissent pas toujours de manière rationnelle, et que leurs comportements peuvent entraîner des effets imprévisibles sur les marchés financiers.

La finance comportementale peut servir à expliquer certains phénomènes de marché, tels que les flambées de prix anormales, les bulles boursières ou les fortes hausses de prix. Elle peut également aider à comprendre le comportement des intervenants de marché lors d’événements tels que les publications économiques à fort impact.

Mini-glossaire et idées reçues vs réalités

Mini-glossaire des termes clés

  • Aversion aux pertes : tendance à craindre davantage les pertes qu’à valoriser des gains équivalents.
  • Excès de confiance : tendance à surestimer sa capacité à prévoir ou à contrôler les résultats.
  • Biais de confirmation : tendance à se concentrer uniquement sur les informations qui confirment une opinion préexistante.
  • Ancrage : fixation sur un point de référence (par exemple le prix d’entrée), même lorsqu’il n’est plus pertinent.
  • Effet de disposition : tendance à vendre trop tôt les positions gagnantes tout en conservant trop longtemps les positions perdantes.
  • FOMO (Fear of Missing Out) : entrée impulsive en position par peur de manquer un gain potentiel.

Idées reçues vs réalités

Idée reçue n°1 : « Si j’attends suffisamment longtemps, le marché finira par revenir en ma faveur. »
Réalité : Les prix peuvent continuer à évoluer dans le sens opposé pendant de longues périodes. Des ordres stop-loss prédéfinis vous protègent contre des pertes incontrôlées.

Idée reçue n°2 : « Une série de gains signifie que j’ai percé les secrets du marché. »
Réalité : Les succès à court terme relèvent souvent en partie de la chance. L’excès de confiance après quelques gains peut conduire à des positions surdimensionnées et risquées.

Idée reçue n°3 : « Je n’ai besoin de lire que les informations qui confirment mon point de vue. »
Réalité : Rechercher des éléments qui contredisent votre analyse vous aide à prendre des décisions plus équilibrées et plus rationnelles.

Idée reçue n°4 : « Si tout le monde achète, je vais rater quelque chose si je ne fais pas pareil. »
Réalité : Suivre la foule conduit souvent à entrer trop tard sur le marché. La discipline et la planification valent mieux que les réactions émotionnelles.

Checklist biais / passage à l’action

Avant de placer une transaction, passez en revue cette courte checklist. Elle vous aide à repérer les biais cachés et à garder des décisions rationnelles :

  1. Ai-je défini à la fois un niveau de stop-loss et un niveau de take-profit ? (Aversion aux pertes)
  2. Suis-je en train de trader avec une taille de position plus importante que d’habitude à cause de gains récents ? (Excès de confiance)
  3. Ai-je activement recherché les raisons pour lesquelles cette transaction pourrait échouer ? (Biais de confirmation)
  4. Suis-je accroché à un ancien niveau de prix plutôt qu’aux données actuelles du marché ? (Ancrage)
  5. Suis-je en train de conserver une position perdante uniquement pour éviter d’admettre que je me suis trompé ? (Effet de disposition)
  6. Cette transaction est-elle motivée par le battage médiatique ou par la peur de passer à côté ? (FOMO)
  7. Mon journal de trading justifie-t-il cette décision avec des éléments concrets ?
  8. Ai-je recoupé mon analyse à l’aide des outils AvaTrade (par exemple Trading Central, le calendrier économique) ?
  9. Est-ce que je ne risque que ce que je peux me permettre de perdre ?
  10. Ai-je clairement défini mon plan de sortie avant d’entrer en position ?

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Références de recherche

  1. Théorie des perspectives (Kahneman & Tversky, 1979)
    « Les choix entre des perspectives risquées présentent plusieurs effets persistants qui sont incompatibles avec les principes fondamentaux de la théorie de l’utilité espérée… En particulier, les individus sous-pondèrent les résultats généralement inférieurs aux probabilités correspondantes… La surpondération des faibles probabilités peut contribuer à l’attrait exercé à la fois par l’assurance et par les jeux de hasard. »
    Il s’agit de l’article fondateur introduisant l’aversion aux pertes et l’effet de cadrage : les pertes sont ressenties plus fortement que des gains d’un montant équivalent.
  2. Le trading est dangereux pour votre patrimoine : performance des investisseurs individuels (Barber & Odean, 2000)
    « Notre preuve empirique la plus marquante appuie l’idée selon laquelle l’excès de confiance conduit à un trading excessif… les ménages qui tradent le plus… obtiennent des rendements nettement inférieurs à ceux qui tradent moins ou suivent une approche plus disciplinée. »
  3. Une méta-analyse de l’aversion aux pertes en contexte risqué (2024)
    « Les estimations de λ par Tversky et Kahneman (1992) ont mis en évidence une surpondération significative des pertes dans les choix risqués (λ = 2,25). »

Conclusion

L’économie comportementale peut aider chacun à comprendre comment la psychologie influence la prise de décision. En prenant conscience de leurs vulnérabilités mentales, les individus sont davantage en mesure de devenir de meilleurs décideurs au fil du temps.

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FAQ

  • Qu’est-ce que l’économie comportementale en trading ?

    L’économie comportementale étudie la manière dont la psychologie humaine influence les décisions financières. En trading, elle explique pourquoi les individus agissent parfois de façon irrationnelle sous l’effet du stress ou de l’incertitude.

     
  • Pourquoi les traders devraient-ils s’intéresser à l’économie comportementale ?

    Comprendre l’économie comportementale aide les traders à reconnaître certains schémas émotionnels et à éviter des erreurs fréquentes, ce qui favorise des résultats plus disciplinés et plus réguliers.

     
  • En quoi l’économie comportementale diffère-t-elle de l’économie traditionnelle ?

    L’économie traditionnelle part du principe que les individus agissent de manière rationnelle. L’économie comportementale montre que les émotions et les biais influencent souvent les décisions, en particulier sur des marchés qui évoluent rapidement.

     
  • L’économie comportementale peut-elle améliorer mes performances en trading ?

    Oui. En identifiant les situations dans lesquelles des biais peuvent vous influencer — comme la peur, l’avidité ou l’excès de confiance — vous pouvez mettre en place des stratégies pour rester objectif et améliorer votre gestion du risque.